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Les auscitains votent Larose

Le Sud-Ouest, Auch, mars 1996

LES AUSCITAINS VOTENT LAROSE

par Laurent Campistron

Une comédie intéractive, mettant en scène cinq candidats, a convié mercredi soir les spectateurs du Centre culturel Cuzin à élire le président d'une alliance fictive.

Ambiance délirante

Tout commence par l'arrivée d'une journaliste, Paoline Delyon, accompagnée d'un caméraman facétieux. Le couple infernal qui symbolise à merveille la presse à scandale, présente, pour la télévision, une grande soirée électorale destinée à élire le nouveau président (l'ancien est devenu amnésique) de l'Alliance Internationale Poldave. Voilà pour le décor. Auquel il convient d'ajouter un président d'élections et cinq candidats aussi différents les uns des autres. Restait évidemment à trouver des électeurs.

Et c'est bien là toute l'originalité de cette pièce de la compagnie canadienne "Dérives Urbaines" intitulée "Congrès" : Faire des spectateurs, environ 150 mercredi soir, les artisans du vote (sans trucages!).

La règle du jeu est plutôt simple... et sportive. Chaque candidat dispose de cinq minutes pour exposer son programme, et les spectateurs-électeurs doivent ensuite désigner leur favori en déposant un bulletin de vote dans une urne installée à l'entrée du centre culturel. Mais il y a plusieurs tours! Quatre, exactement, et autant de va-et-vient pour le public.

Les prétendants à la présidence sont ainsi éliminés un par un. Parmi eux, Emma Brown, ancienne présidente de la Section féminine de l'Alliance. La candidate, style mamie anglaise "cul pincé" et chignon bien propre, met en avant ses qualités de gestionnaire, ais son manque de charisme lui vaut de disparaître dès le premier tour. Et puis, il y a Jean-Guy Jaunet, vieil habitué des combats électoraux, formidable d'aisance et criant de vérité (ou de contre-vérité) dans son rôle d'homme politique. Cet orateur hors pair, à la démarche et les mimiques d'un Belmondo des grands jours, "démago" au possible, se dit prêt à rendre service à ses partisans jusqu'à la fin de ses jours. Pas de programme, mais de bonnes intentions. Hélas, sa trop grande ressemblance avec les politiciens (les vrais) va l'exclure de la course dès le deuxième tour.

Requin aux dents longues

Arrive alors le requin aux dents longues, le jeune cadre dynamique, style gendre idéal, qui veut "piquer" la place aux vieux. Lui, c'est Louis Levert, qui se prend pour Julio quand il s'adresse à la gent féminine ("vous les femmes") et pour Devos quand il s'essaie aux jeux de mots ("je suis contre les sculpteurs de statu... quo"). Pour finir, il se prend une veste au troisième tour.

Capitaine Caverne

La finale de ce jeu électoral oppose donc le Docteur Vladimir Bieley, professeur à Moscou, qui axe son programme sur une expédition en Poldavie, à Nadia Larose, "jeune" comédienne qui promet l'organisation de fêtes mémorables tout au long de son mandat. Tout oppose les deux personnages, à commencer par l'allure. Tête enfoncée dans les épaules, visage noyé dans un océan de barbe, timide et maladroit, le docteur Bieley est la caricature même de l'échappé de l'asile psychiatrique. Quant à la belle, quoique "nunuche", Nadia Larose, le volume de ses arguments et son exubérance naturelle détrôneraient à coup sûr la Cicciolina dans le coeur des italiens. Et que croyez-vous qui arrivât? La pulpeuse Nadia l'emporta, évidemment...

Bref, les électeurs ont choisi une femme comme présidente. Mais ils se sont surtout régalés d'une soirée théâtre vraiment pas comme les autres.